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SÉMINAIRE CULTURE, ACTEURS ET TERRITOIRES

Accès restreint

Proposition de Martine Azam, Alain Lefebvre, Mariette Sibertin-Blanc

 

Le contexte

1. Dès les premiers pas du CIRUS puis du LISST, la culture a été identifiée comme point commun des différentes équipes (CIEU, CERS CAS). Les approches de la culture (terme polysémique s’il en est) sont extrêmement diverses, et cela peut expliquer l’absence jusqu’alors de recherche effective sur cette thématique mobilisant les trois équipes. Pour autant, un programme tel que ACRE a bien montré la nécessité et l’intérêt d’une variété d’analyses et d’implications, tout comme le Colloque « Arts et territoires » tenu à Québec et co-organisé par le LISST. Le besoin émerge, de façon plus précise, de connaître les différents travaux, d’échanger sur des approches disciplinaires mais aussi et surtout sur des démarches scientifiques, des préoccupations thématiques et centres d’intérêts voisins, complémentaires.

2. De plus en plus, la recherche financée sur appel d’offre exige de la part des chercheurs des réponses interdisciplinaires, avec travail préalablement mené pour affirmer une légitimité tant théorique que parfois empirique. Ce séminaire est donc l’occasion de construire ce socle commun dans la perspective de répondre dans des temps toujours très courts à un AO intéressant les questions articulant culture, acteurs et territoires.

3. Culture, acteurs et territoires : autour de ces trois termes s’articulent bon nombre de nos recherches, aussi diverses soient-elles. Ils font écho également à une dynamique locale, qui conduit nombre d’entre nous à être sollicités par les acteurs locaux et les institutions (Direction de la culture du Conseil Régional, Assises de la culture, politiques municipales, etc.) : le séminaire peut être un lieu de consolidation de nos réflexions à porter auprès de nos interlocuteurs extérieurs.


Le sujet, le thème

Il est impossible de détailler finement les contenus du séminaire, son objectif premier étant, précisément, de faire émerger des approches communes autour de ces trois termes : culture, acteurs et territoires. Cinq pistes sont dès à présent envisagées pour structurer cette première année de séminaire :

  • Un travail de clarification sémantique sera nécessaire incontestablement, compte tenu de la confusion fréquente entretenue par de nombreux acteurs sociaux mais aussi certains chercheurs entre la notion de culture et des notions apparemment voisines comme celle de « créativité ».
  • La culture et les recompositions territoriales : il s’agit là d’un thème développé dans l’Axe 6 du projet LISST avec trois approches privilégiées.

    D’abord, la culture dans la structuration des territoires. Cette approche se fait à différentes échelles, et interroge la place de la culture à la fois dans sa capacité à structurer le territoire en particulier à travers les maillages urbains, à contribuer aux projets urbains, à participer au développement territorial – notamment dans une articulation renforcée des politiques sectorielles et territoriales, à contribuer à la hiérarchisation des métropoles européennes et à leur rayonnement.

    Par ailleurs, la culture dans les représentations et les identités territoriales. Si l’instrumentalisation de la culture par le politique n’est pas un phénomène nouveau, les formes qu’elle prend opèrent un glissement vers les opérations de communication, et cela autant en direction de scènes extérieures que des scènes intérieures. La culture est devenue un instrument phare dans le marketing urbain et un outil majeur du « lien social » et du « vivre ensemble » qui appelle à interroger les représentations et les systèmes de médiatisations mis en place.

    Enfin la culture sur la scène métropolitaine. Les nouvelles répartitions des rôles entre familles d’acteurs (publics, privés, associatifs, citoyens, artistes), les modalités de gouvernance, les scènes officielles et officieuses de la dynamique culturelle territoriale sont à explorer tant elles illustrent les mutations des systèmes d’acteurs urbains contemporains, en particulier en ce qui concerne d’une part la place de la démocratie participative dans l’élaboration de l’action publique (Assises de la culture, Agenda 21 de la culture, etc.) et d’autre part les nouvelles articulations de périmètres institutionnels et de territoires de projet.

  • La culture telle qu’elle est interprétée : A l’analyse des politiques culturelles et des systèmes qui constituent l’arrière-fond général de ces nouvelles logiques d’action, on peut ajouter la prise en compte de la dimension individuelle de l’action. En effet, s’il existe des logiques d’action liées à des positions occupées dans un système, il existe également des façons de faire, d’interpréter, de sentir qui sont propres à un acteur particulier et qui colorent le cadre général existant. Il pourrait être réfléchi à la façon dont nos disciplines permettent d’articuler, d’un point de vue théorique, cette composante supplémentaire.
  • La culture dans ses contenus. Avant même d’être instrumentalisée, la culture s’incarne dans des expressions, et produit des objets, ce qui conduit à s’intéresser à la nature même de ce qui est produit sur un territoire. Qu’il s’agisse de productions culturelles ou artistiques ou d’expressions d’une culture au sens plus anthropologique du terme, on pourra questionner l’existence d’une identité liée à un ancrage territorial : musiques, œuvre d’art, spectacle, littérature, fêtes diverses…. qu’est ce qui est produit ? par quels acteurs ? avec quelles spécificités, revendiquées ou non ?
  • La double dimension de la culture à la fois valeur d’usage (activation des imaginaires des individus et des groupes) et valeur d’échange ou, si l’on préfère « échangeur social » (attractivité territoriale, médiation sociale...). Comment ces deux dimensions sont elles articulées dans les stratégies des différents acteurs du champ culturel (artistes, administrateurs, élus…) ?


Le projet

L’objectif premier du séminaire est donc une acculturation à nos travaux respectifs, avec le souci de mobiliser les doctorants (et d’y faire participer les étudiants de Master 1 et 2).

Le séminaire aura un rythme de 2 séances par trimestre (lundi à 9h30), avec le calendrier proposé ci-dessous :

7 Décembre :

cette première séance serait l’occasion de reposer les objectifs du séminaire, de les enrichir selon les participants, et de prévoir l’organisation des séances suivantes, selon les propositions d’intervention. Les trois organisateurs du séminaire se proposent de faire une première présentation de leurs travaux et thèmes de réflexion.

11 janvier

8 février

22 mars

3 mai

14 juin

Si, a priori, les intervenants communicants sont plutôt des chercheurs et doctorants du LISST, il est à envisager, ponctuellement, d’inviter des personnalités extérieures afin d’animer et d’enrichir la réflexion.
L’objectif de l’année est de faire émerger une ou deux questions propres au LISST, qui constitueraient par la suite un sujet de séminaire plus problématisé.

Aussi, une synthèse de chaque séance sera-t-elle réalisée afin de capitaliser les débats et les échanges.

 

 

 

 

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